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Jacqueline Carey, Kushiel - La Marque #1

6 août 2014

Jeudi 14 Août 2014
Auteur : Jacqueline Carey
Titre : Kushiel - La Marque - Tome 1
Date de parution : 2001 (France : 2008)
Collection : Bragelone Milady
Genre : Romance Fantasy
Pages : 960



Juste trois mots : Aventure, Indélébile, Sensualité


     Ce premier tome de la trilogie de Kushiel installe un cadre atypique. À travers près de mille pages, l’auteur nous transporte dans ce nouveau monde qu’elle décrit au gré des aventures des héros. Nous suivons l’histoire d’une courtisane très réputée, Phèdre nó Delaunay, mais surtout unique en son genre. En effet, elle est une anguissette, c’est-à-dire qu’elle est placée sous le signe de l’ange Kushiel qui ne lui permet d’assouvir son plaisir qu’à travers la douleur. Vendue très jeune à un noble, Anafiel Delaunay, elle entre à son service et devient pour lui une espionne de premier ordre. Très bien éduquée sur tous les plans, elle va devoir mettre tous ses talents en avant pour tenter de déjouer les plans qui menacent la couronne. 

     Après un début un peu long, ce qui est normal puisque l’auteur installe un tout nouveau monde, rempli de nouvelles croyances, nous suivons les nombreuses aventures de cette jeune héroïne. Grâce à cela, nous pouvons découvrir la beauté des différents peuples et des magnifiques paysages qui se dévoilent à nos yeux. Le siège principal de l’intrigue se situe sur Terre d’Ange. Toutes les croyances des Angelins se tournent autour du périple de l’ange Elua, né du sang de Yeshua, suspendu à la croix, et des entrailles de la Terre. Elua n’est que bonté, pureté et amour. Il instaure le précepte "Aime comme tu l’entends". Accompagné d’autres anges, il a traversé divers lieu pour trouver le paradis. À lui seul, Elua représente la beauté si caractéristique des Angelins. Il est notamment suivi de la belle Naamah dont Phèdre est l’une des servantes. Elle est connue pour avoir permis à Elua de survivre au cours de son périple en vendant son corps aux étrangers sur leur chemin. 

     Cette histoire est unique et elle ne peut que marquer les esprits d’une encre indélébile, une encre comme celle des marques qui couvrent le dos des servantes de Naamah. Il s’agit d’une marque qui souligne le lien unique qui relie chaque servante à sa déesse. La manière dont elles la servent est emplie de sensualité qui rend l’ensemble du livre, et non uniquement les scènes intimes, très beau. Jacqueline Carey prend son temps pour tout expliquer et, bien que cela rende la lecture assez ardue au début, nous n'en sommes que reconnaissants par la suite car chacune des explications sert à comprendre l'intrigue ficelée au cours du roman. 

     Et Phèdre n’est pas la seule à émouvoir et à fasciner. Elle est entourée d’une multitude de personnages qui ne font que donner plus de relief et plus de puissance à l’intrigue. Au passage, on pourrait citer Guy, silencieux mais imposant, Alcuin, si intelligent et plein de ressources, Hiacynthe, prince des Voyageurs, Anafiel, un maître si fascinant, Gunter, barbare mais tendre ou Selig, manipulateur et ennemi féroce, et tant d’autres personnages. 

     Il y aurait tant d’autres choses à dire mais le message le plus important est le celui : ce livre est un passage vers un monde, proche du nôtre et en même temps si éloigné. L’auteur nous entraine au delà de nos espérances, dans des contrées remplies d’amour, de haine, de manipulation et de vengeance. 


Un extrait!

« D’après frère Louvel, l’esprit mystique de Naamah était parfaitement pur lorsqu’elle alla voir le roi de Persis, puis lorsqu’elle coucha avec des étrangers sur les marchés.
Mais ça, c’est ce que dit la maison de la Gentiane. À la maison de l’Alysse, on affirme qu’elle tremblait à l’idée de mettre sa modestie de côté, tandis qu’à celle du Baume, on dit que c’est par compassion qu’elle fit tout ça. Je le sais parce que j’écoutais les adeptes parler entre « elles. À la maison de la Bryone, on dit qu’elle en tira un bon prix et à celle du Camélia, on assure que la perfection de sa nudité révélée ôta la vue au roi pendant quinze jours – ce qui l’effraya au point de la trahir ensuite. La maison du Dahlia certifie qu’elle se donna comme une reine, tandis que celle de l’Héliotrope soutient qu’elle se chauffa aux feux de l’amour comme aux rayons du soleil qui brille aussi bien sur la fange que dans les appartements des rois. La maison du Jasmin, à laquelle ma filiation m’aurait normalement destinée, maintient qu’elle le fit pour le plaisir, et celle de l’Orchis qu’elle le fit pour rire. La maison de l’Églantine enseigne qu’elle charma par la douceur de ses chants. Ce que professe la maison de la Valériane en revanche je l’ignore, car nous entendions moins souvent parler des deux maisons qui pourvoient aux plaisirs plus « corsés ». Cela dit, j’ai entendu une fois raconter que la maison de la Mandragore proclame que Naamah choisissait ses clients comme des victimes et les fouettait jusqu’à l’extase, les laissant repus et à moitié morts. »




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